Jour 6: À toi, de moi
Pour ce jour, j'ai choisi un défi portant sur un sujet assez difficile. Il me faut écrire une lettre à une personne qui songe à mettre fin à ses jours et je pense que c'est important d'en parler.
Cher toi,
Si tu cherchais un signe pour ne pas commettre l'irréparable, le voilà. Ne le fais pas, s'il te plaît.
J'imagine que tu dois te dire que je ne suis qu'une personne perdue dans les limbes d'internet qui ne te connaît pas.
Je sais exactement comment tu te sens en ce moment. Je sais ce que ça fait que de regarder les nouvelles et te sentir impuissant.
De passer les nuits avec les deux yeux ouverts à contempler le plafond pour éviter de voir les angoisses tapies sous tes paupières. Les jours où tout te semble insupportable. Les oiseaux chantent, le soleil brille, le ciel est bleu mais toutes ces choses ne sont que des limes qui te scient le cerveau et le coeur. La boule de nausée dans l'estomac alors que la petite voix au creux de ton oreille te murmure que tu n'es pas fait pour la vie, que tu n'as pas de place nulle part, que le monde tournerait mieux si tu décidais d'en finir, que tu ne seras jamais aimé de qui que ce soit.
Je sais que ça fait un mal de chien, comme de l'acide coulant dans les veines pour te brûler la peau. Pourtant, tu essayes tant bien que mal de tenir le coup. Pas pour toi mais pour tes parents, ta famille ou bien tes amis, ton équipe de soccer, ton chien. Quelque chose en toi se révolte contre la sentence de mort. Les êtres humains sont fait pour vivre, des milliers d'années d'évolution l'ont prouvé. La science, les arts, les lettres sont des disciplines que l'humanité à développé pour améliorer son quotidien, illuminer son cerveau.
J'aimerais pouvoir te serrer dans mes bras, poser une main sur ta tête et te dire que tout va bien aller. Que la misère qui te ronge en ce moment est temporaire. Tu es plus fort, plus talentueux, plus intelligent que tu ne le penses. Surtout... Tu es aimé.
Je sais que dans le tourbillon de ta tête, c'est impossible de voir en quoi tu pourrais inspirer quelque chose d'aussi puissant que l'amour mais je te jure que c'est vrai. Tu es aimé
Le monde nous joue dans la tête depuis qu'on est dans nos poussettes pour nous dire ce que l'on doit être. Que notre valeur est définie par un système inventé par une bande de vieux monsieurs complotant quelque part pour nous faire des misères. Si tu es une fille, tout se rapporte à ton corps, ton apparence. Trop grosse, trop mince, mange assez, mange pas assez, trop grande, trop petite. On te force dans un moule créé pour te vendre des pilules minceurs et des thés détox. Si tu est un garçon, tu dois être tough. Une roche inébranlable avec autant d'expression émotionelle qu'un film français expérimental. Tu n'as pas grand monde avec qui parler des furies de l'amour ou de la colère et tu vois des monolithes imperturbables condamnés pour abus t'être présentés comme les exemples d'une masculinité fière.
Laisse moi te dire un secret, ta valeur ne dépend pas de ces critères. L'exigence de la perfection n'existe que pour vendre des crèmes anti-âge et des suppléments de protéines.
Tu es et ce que tu es est suffisant pour justifier ta vie.
Chaque être humain possède des talents, des passions, une couleur qui lui est propre. Un jour, tu découvriras ta couleur et le monde en sera changé, je te le promets.
Je traduis Walt Whitman en disant :« Tu es ici, la vie existe, tout comme l'identité. Que la grande pièce continue et que tu puisses ajouter ton vers.»
Parle moi, écris moi, dis moi à quoi ressemble le vers que tu veux ajouter.
Avec tout mon amour,
Laurence
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